« Si je pouvais avoir un monde comme je le veux… Oh, quelle belle journée ce serait ! »
Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll
En 2025, le « monde de Sofia » part pour 7 nouvelles aventures à suivre quotidiennement sur mes réseaux sociaux ou par mail chaque mois impairs : la définition du petit Olivier illustré chaque dimanche pour compléter les 46 de la précédente édition du « Monde de Sofia »; le lundi « si l’un dit, l’autre dit »; mardi sera le jour du volatile qui en a marre et qui se marre; mercredi celui de la mer et eaux de là; jeudi parce que je dis que ça déchire ou l’art de rien; vendredi sera le moment du naufragé de l’espace échoué sur notre monde et samedi parce ça me dit bien de tomber dans le panneau.
Textes et photos de ma production. Bonne découverte !

Quand le ciel se charge
Mais que l’horizon reste plat,
Il est temps de gagner le large
Pour rejoindre des eaux de là.

L’art de rien ou comment le temps use, défraîchit, déchire mais crée, invente, imagine.

Devant l’impérieuse nécessité de me rappeler au bon souvenir de mon haut commandement pour m’extraire de ce monde où j’ai échoué, je vous envoi ainsi mon rapport hebdomadaire.
J’ai dernièrement assisté à nombre d’événements durant lesquels des hommes en rouge avec une barbe blanche incitaient les jeunes spécimens à se tenir sage. J’imaginai alors notre honorable chef suprême à la grande barbe blanche dans un peignoir rouge. Lui qui est avare de compliment, il n’aurait pas fait fortune ici bas.
D’ailleurs faut il que ce monde sache que le grand chef suprême a une barbe blanche ?


L’impala est de la famille des antilopes, il court vite et longtemps, saute haut. Ses prédateurs, en échec, balbutient leur déception par un « J’ai vu un impala par là-bas…ah bah il est pas là ! ». Sachez que seul l’impala mâle possède des cornes en forme de « S ». Serait-ce un signal silencieux ? Sa signature spéciale ?

Si l’une dit avoir bon pied, l’autre dit avoir bon œil!

« J’en ai marre », dit le volatile « ce n’est pas coton de voler avec des tiges devant soit ! »

Je filais en car vers le port au soleil couchant.
Elles sont apparues au détour d’un virage.
Elles me disent ce qu’il faut de courage
Pour gagner sa vie durement.

La fumée de nos usines nous rend tous tuberculeux. On s’en fout on a bonne mine. On est des carnavaleux !

J’ai dernièrement découvert que les spécimens de cette espèce vénéraient un nombre incalculable de divinités tout en étant persuadés de prier la seule, l’unique, la vraie ! Cela ne serait pas dérangeant s’ils ne s’entretuaient pas pour cela.
Merci au haut commandement de réfléchir à mon extraction.


L’autruche n’en fera pas une affaire politique et tordra le cou à qui le voudra : ses ailes ne lui servent qu’à parader et non à voler !
L’autruche triche-t-elle en Autriche ou l’Autriche truche-t-elle l’autruche ? Voilà une question qui n’émeut pas l’émeu, parfois confondu avec l’autruche.

Si lundi il est interdit, l’autre dit « avançons masqués ».

Mardi 14 janvier 2025, j’en ai marre dit le volatile de me faire voler le portrait !
« J’en ai marre » dit le volatile « personne ne capte ici ! »

Un pêcheur pris dans le filet
Doit-il aller se confesser ?
Il doit bien un jour se mouiller
Pour éviter de se prendre la marée.

Le temps des lambeaux.

Voilà bien une étrange espèce qui pourrait systématiquement attendre que les soldes soient lancées pour acheter à un prix presque raisonnable plutôt que de perdre de l’argent en achetant à tout bout de champ. Pensez à une mission de secours.


Le tipule, tel qu’on le stipule dans la littérature spécialisée, est un cousin. Sous son allure de grand moustique, l’insecte ne pique pas et se montre assez pataud. Il se réfugie dans les habitations aux premières fraîcheurs de l’automne. Il faut dire qu’avec un tipule, le froid peut vite vous gagner !

Si lundi voit rouge, l’autre passe au vert.

« J’en ai marre » dit le volatile « Je suis sur une mauvaise pente car je pense à toit. »

Et si j’étais un poisson
Est-ce que je mordrai à l’hameçon ?
Est-ce que je m’enfuirai à contre-courant ?
Est-ce que je resterai en ligne bêtement ?

Le temps passe et les hommes des rails.

Les habitants de cette planète sont suffisamment cyniques pour indiquer à une plante sans vie faite à base de pétrole qu’elle doit pousser ! Certes nous le sommes aussi en les laissant croire qu’ils sont les plus intelligents du cosmos mais comme ils ne sont pas prêt de voyager dans l’espace, nous ne craignons rien. En parlant de voyage, le haut commandement pourrait-il penser à m’envoyer le retour ?


Le reptile est l’un des meilleurs grimpeurs du règne animal. Un doigt suffit à le tenir accroché au plafond, les autres lui permettraient de changer une ampoule. Les Gecko Mander, Menter et Mencer sont trois espèces couramment rencontrées.
Le Gecko mange parfois du lézard ce qui lui permet de répondre alors, lorsqu’on le confond avec sa victime «: « Y’a pas de lézard » !

Si lundi en voyage, l’autre dit dormir.

« J’en ai marre » dit le volatile « c’est peut être la saison des amours mais j’ai encore pris un râteau ».

La main cache un soleil éblouissant,
Le mur empêche les envies de voyage.
Pourquoi s’enferrer dans ces engrenages
Et perdre tant d’occasions de vivre pleinement ?

Pour soigner les ravages du temps.

J’ai demandé aux êtres dit intelligents de quelle manière je pouvais espérer décoller de leur monde sans faire de bruit. Ils m’ont indiqué ce moyen très aléatoire qui consiste à être suspendu sous une voile au gré des vents porteurs. Je ne suis pas prêt de gagner ainsi le cosmos mais je note que, contrairement à mon haut-commandement, cette espèce me répond !


Ici à l’état restant d’exuvie, la cigale ayant trop chanté tout l’été.
Pataude, sa vie s’en trouve naturellement écourtée.
Un atterrissage raté sur le dos et c’est le malaise !
La voilà à la merci des fourmis qui la dévorent à leur aise.

Si l’un dit « je vous vois », l’autre dit « je vous écoute ».

« J’en ai marre », dit le volatile, « vous êtes petits ou vous êtes loin ? »

Vous aurez beau nous indiquer le sens de nage
Pour nous éviter d’être à contre-courant.
Nos traces laissées montrent que sans ambages
Nous aimons être indépendants.

Quand l’art du temps n’a ni foi ni lois.

Je leur ai demandé un moyen de communiquer à très longue distance. Ils m’ont indiqué de parler avec ces robots à une oreille qui ne fonctionnaient sans avoir avalé une rondelle de métal ! J’ai cru un instant que cette espèce avait compris la transformation du métal sans chaleur, mais non !


Tel un ténor des barreaux, l’oiseau en cage est beau parleur ! Deux volatiles au perchoir et c’est la prise de bec assurée. Surtout si l’un est un père roquet et l’autre une commère !

Si lundi il faut marcher au pas, l’autre dit qu’il faut écraser la répression !

« J’en ai marre », dit le volatile, « je me raccroche toujours aux vielles branches »

Marchent-ils le dos courbé d’épuisement ?
À moins que ce ne soit de simple vieillesse ?
À la recherche d’ensablées richesses ?
Ils finiront en nage et haletant.

Il y a des messages dont il faut trouver la clé.

Vous finirez par penser que mes rapports transmis sur ce monde sont terriblement pessimistes et désolant de bêtises. Il m’arrive parfois de trouver la beauté dans des êtres remarquablement silencieux et enracinés à la Terre.


Auras-tu remarqué que le Dendrobate Auratus ressemble à un batracien ?
Le dendrobat est une petite grenouille mais, loin de jouer les héros, il se plait à dire « je suis Dendrobate man ! et je coasse que ça va partir en quenouille ! »

Si l’un dit « haies que voilà ! », l’autre dit « hé voleuse ? »

« J’en ai marre », dit le volatile, « j’ai perdu le fil. »

Par une belle journée d’été, venteuse à souhait,
Entre l’écume de mer et le cordon de dune de sable,
Il s’agit de s’amuser et de profiter de cette instantanée.
Les pluies et tempêtes sont devenues pardonnables.

Jetez donc un regard sur ce que le temps nous laisse à voir.

Ce monde n’est que paradoxe. Cette espèce a tranché des têtes, les bras en sont tombés à d’autres, couper les jambes à certains et ils exposent des bustes à tout va. Sans doute une manière de montrer là leur penchant à se faire mal.


Pour se protéger du froid, l’animal mange du poisson frais et n’a donc pas l’haleine polaire. Si la grande ourse brille chaque nuit, le petit ourson attendrit mais se laisse manger par petits et grands ! En cette période où le climatoscepticisme rapporte tant, la banquise de l’ours polaire, elle, fait banqueroute. Pourtant, un congénère de la jungle chantait à qui veut bien l’entendre « il en faut peu pour être heureux ».

Si l’un dit de passer à l’orange, l’autre dit ne pas être pressée.

« J’en ai marre » dit le volatile « je te quitte, tu ramènes tout à toit ».

D’un jaune brillant comme le soleil, il s’activait
Pour faire descendre le niveau de la mer.
Il est le préposé aux marées !
Et pendant ce temps, les Shadocks pompèrent !

L’Homme et ses multiples visages.

J’ai remarqué que cette espèce s’assoit sur son canal d’évacuation des déchets pour de multiples raisons parfois tout autre : trôner devant un parterre en pâmoisons, bavasser entre congénères, attendre que le temps passe, s’adonner à une activité cérébrale, se transporter. Moi-même j’ai dû m’asseoir pour accepter l’évidence : mon haut commandement m’a oublié sur ce caillou stellaire.

