Vous aviez peut être suivi le monde de Sofia.
La 3 eme édition achevée il y a six mois.
Et puis, à nouveau j’ai eu envie de continuer.
Mon dictionnaire animalier n’était pas achevé.
Nos déchirures s’étalaient au coin des rues
Et nous passions sans les avoir vues.
D’autres textures seraient prétextes
À des interprétations hors contextes.
Ma philosophie volatile appelait encore réflexion,
Et je me devais d’expliquer mes intentions.
J’assistai à quelques scènes de vie ordinaire
Qui deviendraient des hebdomadaires.
L’idée me vint d’un catalogue d’objets abandonnés
Qui nous raconteraient leur vie passée.
Enfin le Québec, un quart de siècle plus tard,
Revisité au demi siècle avec mon regard.
Après quelques instants de pause et d’hésitation,
À compter du 1er septembre, la 4eme édition !
En attendant, retrouvez ici ces pohésitations.
Suivez moi sur Facebook ou Instagram, recevez à compter du 1er novembre un mail bimestriel des 60 dernières quotidiennes.
Retrouvez les volumes 1 et 2 sur coolibri.com, le volume 3 sera disponible début septembre.

Celui de la vitrine que je saisis.
Celui du reflet dans lequel je suis.
Antres immondes.
Celles du nord, intolérantes puissances.
Celles du sud, excédées à outrance.
Entre les mappemondes.
Celle vers l’ouest, empire onirique.
Celle vers l’est, démocratie famélique.
Entre ! Ray Monde.
Celui qui espionne comme James Bond
Celui qui dit « Monde, Ray Monde »
Entre deux mondes.
Ou comment se situer ?
Où commence la réalité ?

Ensablée,
Devenu déchet.
Plusieurs centaines d’années
A me décomposer.
J’existerai
Encore que vous serez
Déjà oublié.
Je sais
C’est méchant mais
Fallait pas me jeter.

Par des mal élevés.
Le déchet envolé
Par un vent mauvais.
Le déchet qui traîne
Et qu’on ramasse à peine.
Le déchet papier
Bientôt évaporé.
Le déchet plastifié
Qui ne disparaîtra jamais.
Il y a le déchet de chez eux
Dont on se fiche un peu.
Et le déchet de chez soi
Qui traîne ici ou là.
Le déchet qu’on récupère
Voilà la belle affaire !
Enfin il y a le déchet
Qu’on recycle à souhait.

Sous le regard vigilant du coiffé.
Attention à la maladresse, au loupé !
Attention coiffeur, pas d’entourloupe !
Les touffes tombent par terre.
Les tifs volent par poignées.
L’artisan manie son ciseau affûté
Et le client guette d’un drôle d’air.
L’ambiance est peut-être tendue.
L’atmosphère serait à la rigolade ?
Les peignes et rasoirs paradent
Sous les yeux du moins en moins chevelu.
Voilà que le coiffeur a terminé
Il prend le miroir et montre son œuvre.
Le client avale alors la couleuvre
Une tonsure apparaît désormais.

L’autre s’en fiche.
Une jambe en l’air,
Une posture de fer.
L’impassible statue
Face à une inconnue.
L’ingénue s’affiche
Devant le fier pastiche.
Qui partira en premier ?
A la fin… ce papier.

Sur des voiles légères,
Sur des marins solitaires
Les familles restées derrière.
A l’horizon, navires de guerre,
Armés de courageux militaires.
Équipages solidaires
Partir laisse un goût amer.
Les gens de mer
Sont ainsi fait qu’à terre
Difficile de les satisfaire
Du manque d’air.

Celle sur terre est donc terrestre.
Dans les alpes, sans doute alpestre !
D’un cheval, équestre ?
D’un orque, donc orchestre?
De ou sur Sylvie ou le 31, sylvestre?
Une troupe en marche, pédestre !
A la mairie, évidemment bourgmestre?
Deux fois par an, semestre.
La peinture est sèche? Alors séquestre !
Maritime ou flou, vaguemestre?
Ok je sors? Qu’on me défenestre !

Votre nom comportait trop d«e»,
Et vous en avez fait éclore un pour nous donner des rêves heureux.
Des rêves d’étoiles, de cosmos et de galaxies.
Votre accent, votre silhouette, votre bonhommie,
Nous aurons permis d’appréhender,
D’approcher et de relativiser
Ce qui nous dépasse, nous surpasse, nous fuit.
Monsieur Reeves, merci, grand merci.
Ce soir, la Lune sera sans doute plus terne
De savoir que vous rejoignez Jules Verne
Au panthéon de ses grands amis.

Attendant que morde à l’hameçon
L’idée, le bon mot, l’inspiration
Qui me permettra d’être à l’heure.
A une minute de minuit,
Me voilà au pied du mur.
Qu’écrire qui soit donc mûr
Pour votre être alors soumis?

La Maintenon et son roi.
La main de Dieu du foot argentin.
La main jaune du nain.
La main verte du jardinier heureux.
La main moite de l’amoureux.
La main de ma sœur…
La maintenance de l’ascenseur.
La main tenant le bon bout.
La main armée pour faire un bon coup.
La main morte d’un corps plus très chaud.
La main lourde qui en fait trop.
La main levée des contestataires.
La main basse qui aime faire.
La main qui écrit sa raison d’être.
La main pour conclure de main de maître.
La main à la patte pour cette centième !
La main qui écrit que, oui toutes, je les aime.

Il faut trouver l’inspiration.
Je me retrouve alors dans un désert
Et des nuages bas à l’horizon.
Alors, je choisi la photo au hasard,
Prend ma plume et jette une idée.
Quelques minutes plus tard
J’ai enfin une histoire à raconter.
J’ai choisi un exercice difficile.
Je m’y tiens et c’est parfois alambiqué.
Ce n’est pas simple de mettre dans le mille
Et chaque soir associer photo et idée.

Celles des vaisselles du passé,
Des draps joliment brodés,
Et des bijoux au charme désuet.
La dame aux antiquités
Qui, d’un aimable bonjour prononcé,
Vous accueille dans de multiples passés
Et vous donne l’envie d’y plonger.
La dame aux antiques idées
Qui n’a pas attendu les publicités
Pour nous proposer de recycler
De vieilles choses manufacturées.

Tant d’histoires qui avortent.
Une sortie, une entrée,
Tant d’histoires et des secrets.
De l’ombre, de la lumière,
Tant d’histoires peut être mièvres.
De la pénombre, du mystère,
Tant d’histoires de presbytères.
Une jupe, un bermuda,
Tant d’histoires en veux tu en veux là.

Encore fallait-il choisir le bon oiseau
Au risque de recevoir un camouflet
Et d’être pris pour un perdreau.
Il semble que les volatiles, vexés,
Aient tourné le dos au photographe déçu.
À défaut d’une prise de becs déclenchée
Il aura au moins saisi leurs culs.

Un grand sourire, une jolie frimousse.
Ses parures de chrome sont rutilantes.
Elle interpelle, elle est aguichante.
Oui, elle est vieille, dépassée, désuète.
Mais remarquable par sa silhouette.
Son époque voulait de l’esthétisme,
De belles formes et du romantisme.
Aujourd’hui, il faut acheter de l’électrique,
De la puissance, de l’espace, du pratique.
L’accessible élégance est oubliée.
Roulons moche ! Je suis dépassé.

Il n’y avait rien, le vide, le néant !
Non, le contraire a déjà été démontré.
Donc forcément il y a une autre solution.
Et si au delà de l’horizon
Il n’y avait qu’une paroi, un mur !
Non, cela ne tient pas debout bien sûr.
Donc imaginons une autre supposition.
Et si au delà de l’horizon
Il y en avait un autre, semblable?
Non, trop logique pour être probable.
Donc posons nous une autre question.
Et si au delà de l’horizon
Il y avait une Talbot vintage ?
Non, ce serait un modèle d’un autre âge.
Donc un jeu de mot de vieux, oublions!
Et si au delà de l’horizon
Il n’y avait qu’un autre point de vue ?
Oui, ce serait la fin des malentendus
Donc la fin de cette démonstration.

Et vous livre mes pensées.
Tout cela n’est que verbiage
Mais voici mon encyclopédie illustrée.
J’ai parfois l’impression
Qu’en quelques mots l’exagère.
Tourner la page serait une option.
Mais dans quel état l’erre ?
J’écris, vous lisez.
Ça vaut ce que ça vaut.
Je photographie, vous regardez.
Tout un roman photo !

Mais voilà que je ne m’en souviens plus.
Il s’agissait, je crois, d’un déjà-vu.
Sans doute au ras des pâquerettes !
Je t’aime, un peu, beaucoup,
Passionnément, à la folie ?
Je compte et tu me suis ?
Prenons cette fleur et tentons le coup.
Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément,
A la folie et pas du tout !
C’est à rendre fou.
Il reste des pétales fort heureusement.
Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément,
à la folie, pas du tout ! Ne nous arrêtons pas.
Il serait dommage d’en rester là.
C’est une question de temps.
Je t’aime, un peu, beaucoup,
Passionnément, à la folie !
Oui, oui, oui, à la folie !
La nature fait bien les choses après tout.

Celle du caméléon et ses couleurs qui changent de ton.
Celle de l’hélice du tire-bouchon qui dévisse.
La spirale infernale due aux crétins qui font du mal.
Celle de l’escargot qui en a plein le dos.
Celle de la galaxie devant laquelle nous sommes bien petits.
La spirale de la défaite qui prend bien la tête.
Celle de l’illusion qui perturbe la vision.
Celle du l’anti-moustique à l’efficacité dramatique.
La spirale du tourbillon qui fait prendre le bouillon.
Celle de la volute de fumée qui part en une minute.
Celle de la torsade en chocolat qui rend malade.
La spirale du cahier qu’il ne faut pas raturer.
Celle du myriapode pas bien commode.
Celle de cette longue pensée qui finira par vous hypnotiser.

Il y a une pile, un tablier.
Ce n’est pas une plate ni d’un cuisinier.
C’est un pont, juste un pont.
Une pile, c’est une pile.
Il y a un tablier, un pont.
Pas d’un boucher ni d’un week-end d’ascension.
C’est une pile, juste une pile.
Un tablier, c’est un tablier.
Il y a un pont, une pile.
Pas un pompon ni une compil.
C’est un tablier, juste un tablier.
Un pont, c’est un pont.
Un tablier porté par une pile,
Une pile qui porte un tablier automobile.
C’est un pont et moi je tourne en rond.

Deux amoureux
Comme des siamois.
En voilà deux à deux.
De face, Deux dos.
De dos, deux faces.
Les uns partiront tantôt.
Les autres s’effacent.
Au milieu une porte
Métallique, électrique.
Ce qui m’importe
Sont ces vers éclectiques.

Il pointe l’autre, le faible ou le fautif.
Il désigne, il accuse avec ou sans motif.
Il juge ici au nom du fameux divin.
Et si finalement ce doigt tendu
Attendait juste un pansement
Pour protéger la blessure au sang
Causée par une lance trop pointue!
Les enfants en seraient émus
De vivre cette scène inouïe
D’une déesse guerrière meurtrie
Qui en devient blanche comme un c…

Pour satisfaire un besoin.
Un moment pour évacuer.
Au grand air, laisse pissez !
Le chien et son maître.
À chaque pas, chaque mètre.
L’un tire pour avancer,
L’autre tire pour arrêter.
N’oublions pas la laisse
Qui rappelle au chien sans cesse
Que son maître est derrière lui
Pour le regarder faire son pipi.

Pas le grand échassier migrateur,
Ni celle qui arpente le trottoir à pas d’heure.
Non, c’est une simple grue.
Grande, mécanique et élancée,
Elle disparaît aussi vite qu’elle apparait.
Oui une grue, juste une grue.
Vu ainsi c’est aussi sa flèche.
J’arrêterai là mon prêche.
Je vous sens fatigué de faire le pied de grue.

Celle qui nous rend timide, mais heureux
De rencontrer, retrouver, jouer un jeu.
Et enfin trouver l’âme sœur.
La mécanique du ventre.
Celle qui vous rend triste et anxieux
De mal digérer des plats délicieux.
C’était pourtant une bonne table, diantre !
La mécanique céleste.
Celle qui rend perplexe et curieux
De découvrir le firmament des cieux
Contre les prédicateurs qui se manifestent.
La mécanique bien huilée.
Celle qui pétarade et nous donne l’envie
De se pavaner et d’écrire de la poésie
Pour séduire encore et toujours s’il le fallait.

Serait-ce un contresens à contre-courant ?
Etre à contre-emploi, je n’ai rien contre ici.
Par contre, la contradiction me contrarie.
Alors envers et contre tout, je perce,
Je tente, j’essaie, que cesse la controverse !
Je contre-attaque contre vents et marées.
Contre toute attente, oui, j’aurai raconté.

Je suis un peu sur la jante,
Sur une mauvaise pente.
Il me faut patienter un moment
Avant de disserter sur une photo.
Me demander ce que je vais en dire,
Trouver l’inspiration, le bon mot.
Et au final réussir à écrire.
Parfois je jette le résultat à la benne.
Rarement je le garde tel quel.
Mais tout cela en vaut-il la peine ?
Pour moi oui mais surtout pour elles.

Qui montent plus vite que la mécanique.
Celui des visiteurs stressés
À l’idée de perdre le parcours touristique.
Il y a l’escalator du métro
Emprunté pour aller au travail.
Puis celui avant d’aller au dodo
Qui est le même à quelques détails.
Il y a l’escale à tort du bateau en détresse
Forcé de trouver un abri.
Oui le gars Lescal à tort, que ça cesse !
C’est qui ce monsieur qui vous ennuie ?

Que les réseaux sociaux ne sauraient voir !
Que les intégrismes ne sauraient voir !
Que les bonnes mœurs ne sauraient voir !
Mais alors ….
Pour quelle bonne raison un torse masculin, musclé c’est mieux, s’admire ?
des pires?
Pour quelle bonne raison une femme qui allaite devrait se cacher
Pour quelle bonne raison une bretelle qui lâche fait rire ?
Alors…
Plutôt qu’utiliser un doigt pour pointer ce qui a déplu,
Comme vous vous le mettez dans votre œil ému,
Mettez le plutôt dans votre c…..

Le métro transporte des écrans.
Chacun est absorbé, imprégné, obsédé
Par ce rectangle éclairé pour illuminés.
J’ai sorti un livre de papier.
Les yeux se sont tournés vers moi.
Mais quel est donc cet objet ?
Je me suis senti hors la loi.
Puis j’ai vu cette tête de squelette
Qui me narguait de tout ses os.
J’ai senti le poids de la défaite
Plus lourd que le poids des mots.
J’ai eu envie de crier « C’est un livre ! »
Pour rassurer les effrayés.
Mais Il m’aurait pensé ivre.
Alors j’ai préféré rester muet.
Et si cette tête de mort
Me regardait par compassion
M’indiquant que les autres avaient torts
Et que de lire un livre j’avais raison.

M’as tu vu ? Moi ?
Alors de toi à moi,
Ne perds pas de vue,
Que tomber du toit
Provoquera de l’émoi.
Reste donc en vue.
Le bonjour chez toi.

Réflexion en cours.
Minutes anodines
Face aux tambours.
Solitude orpheline.
Lavage du jour.
Simple machine.
Dormir à chaque tour.

La fourmi promet protection
A ces affamés de pucerons
En échange du précieux miellat
Qu’ils produisent à tout va.
La promesse n’engage à rien.
Face au traitement, encore moins !
Mais les pucerons sont idiots
Et aiment se faire gratter le dos.

Luttant contre les éléments
Et contre les effets de notre bêtise.
Un oiseau ignore tout de la guerre.
Il fuit à tire d’aile les assaillants
Pour s’exiler en terre promise.
L’oiseau, seule espèce sur terre
Libre dans ses déplacements,
Au delà des mers et des convoitises.

Les arbres préparent leurs fruits,
Les fleurs s’ouvrent aux butineurs,
Les jardins se parent de multiples couleurs.
Certes, ici c’est vert et uniformément taillé.
Peu de place pour la fantaisie. C’est carré.
Un jardin à la française! Un vrai savoir faire.
Formes multiples. Un inventaire à la Prévert.

Le mal, jusque là tapi dans l’ombre,
Se montre à nouveau au grand jour.
Il est temps de lui jouer un sale tour.
Le débusquer, l’effrayer, le faire fuir
Et construire ensemble un meilleur avenir.
Extrémistes, intégristes, assaillants,
Vous n’êtes qu’éphémères, morts-vivant.

Fait accompli, faites du profit.
Profit et rôle marital.
Attention au mari marri.
Saint Cupidon, faites l’amour!
Pas la guerre mais la paix.
Pétales de rose du jour
Rose comme peau de bébé.
Seins, des seins, simple fait d’hiver.
Saison froide mais chaude journée.
Pas de négligence, mari débonnaire
Sinon ce sera la fessée !

J’en arpentais les jeux gamin
Et m’émerveillais devant ses aquariums.
Le parc des petits bonhommes !

Je divague.
J’extravague !
Faut que j’élague
Pour rester vague.

Et des scènes à clichés.
Il y a ce drôle d’hôtel
Au fond d’un couloir resserré.
Il y a ce trottoir de rue
Et cette ruelle à droite qui surgit.
Il y a là un moment inattendu
Quand vous marchez sans but précis.
Il y a ce réflexe de tourner la tête
Me demandant ce qui m’intrigue.
Il y a alors mes pas qui s’arrêtent
Avec l’idée que j’investigue.
Il y a cette enseigne qui apparaît
Là où on ne s’attendrait à rien.
Il y a ce lieu à photographier
Pour se souvenir d’un moment anodin.
Il y a cet instant présent
Où vous finissez de me lire.
Il y a là, je l’espère vraiment,
Matière à vous divertir.

Altana, puit de lumière, quel est cet éclat ?
Antenne ne capte rien de ce que j’écris.
Vous non plus sans doute aussi.

Qui ondulent.
Virgule.
Des molécules
Qui s’accumulent.
Cela en devient ridicule !
Un savant calcul
Pour avaler la pilule.
Mais j’en reste incrédule.
Ce texte est nul.
Ne vaut qu’une bulle.
Allez, je capitule.

Sous vos yeux fourmillent
Des âmes qui s’éparpillent.
Cette vue vous titille ?
Illumine vos lentilles ?
Ne bougez plus un cil.
Restez tranquille,
Sans doute est ce futile
Mais oui nous sommes imbéciles.

L’eau, vive l’eau !
L’eau mouille,
L’eau éclabousse,
L’eau bu éclate,
L’eau tarit la sécheresse,
L’eau, zone humide,
L’eau tombe de haut.
L’eau, pack de bouteilles,
L’eau vaut malt(ine) !
L’eau de là.
L’eau cale…

Un pied en avant et se prendre à rêver.
Briser nos chaînes pour nous libérer
De nos carcans, de nos absurdités.
Dans un monde parfois aussi binaire
Qu’un cliché en noir et blanc primaires,
Se faire violence pour s’en soustraire
Est sans doute une philosophie salutaire.
La nature est pourtant si belle
Et nous donne à voir tant de merveilles.
Essayons un peu d’utiliser nos cervelles
Pour vivre sans être aussi cruel.

Alors je regarde en coin.
Avec un peu de flare et du soin
J’arrive tout de même à produire cela.

C’est Joe la baston, cowboy de l’Ouest.
Hors la loi le jour, menteur au poker le soir,
Joe déteste perdre ou prendre une veste.
Chevauchant son fidèle destrier
Dans les grands plaines désertiques,
Joe pense à la belle fortune dorée
Avec son prochain coup fantastique.
En attendant, Joe est pieds et poings liés.
Il se réveille dans un parc d’attractions
Et voit défiler sous ses yeux terrifiés
Enfants, garnements et nourrissons.

Du bronzage et teint cuivré.
A marée basse il est vrai
Les mouettes ont pieds.
Sous un soleil, échoués,
À la fin il faut se réveiller
Et mettre de la crème bien huilée
Sous peine de rester collés.

De jolis moments et de plus tristes émotions.
Regardons ce chemin qu’elles ont tracé.
Oui, le temps passe de mille façons.
A minuit, arrêtons-nous, croisons les bras.
Imaginons l’année qui vient à nous,
Les peines à subir et les multiples joies.
Soyons heureux et le reste on s’en fout.

Oublions ce qui nous est futile
Pour revenir à l’indispensable liste
Des objets vraiment utiles.
Avons-nous réellement besoin
Du gadget superflu mais dernier cri
Qui nous donne le sentiment lointain
D’enfin simplifier notre vie ?
Avons nous besoin d’autant de biens,
De choses qui finissent dans des malles?
Contentons-nous de presque rien,
Nous nous sentirons plutôt bien que mal.
Et si nous devenions minimalistes?
Éclairés comme un réverbère,
Réfléchi, pragmatique sans être simpliste,
Bref, avoir les pieds sur terre.

Aux sourires et aux embrassades,
De la bonne humeur et des rigolades.
Un anniversaire c’est du soleil en tête.
Alors pour quelle bonne raison
Vend-on ces cartes si moches?
Si tôt lues qu’elles prennent une taloche
Puis s’en vont au tri sélectif pour de bon.

Le baron du rail met en marche.
D’un geste sûr, il lâche le siffleur,
La machine s’ébroue, se fâche.
Le tender rempli de charbon,
Il est paré pour la petite semée.
Quelle sera sa destination ?
Simplement un prochain quai.
Il fallait accrocher le bon wagon
Pour suivre la bruyante loco.
Voilà que je déraille sans raison.
Sans crier gare, j’en perds mes mots.

Et les arrières boutiques pourries.
Sans parti pris.
Il y a des regards de chimères averties
Et des statues sans ennemis
Sans parti pris.
Il y a des crucifix pour crucifier l’impie
Et des idées fixes d’inouïs
Sans parti pris.
Il y a des peurs, des replis
Et la vie s’obscurcit.
Sans parti pris.
Il y a des parti pris
Et des abrutis
Avec parti pris.

Aujourd’hui est un jour d’envol.
Les passagers sont absents?
La compagnie s’affole.
Pour le pilote, c’est sa première !
Cette fois-ci il a mis les voiles.
Ses pieds ne toucheront plus terre
Il veut tutoyer les étoiles.
Allez, mesdames et messieurs.
Oui, il y a un pilote dans l’avion.
Il vous emmènera dans les cieux
Vous faire sentir papillon.
On dit de lui qu’il est un artiste.
Il joue avec l’air et ses turbulences.
Rejoignez le cet insolite.
Accompagnez-le dans cette fulgurance.

Pas de bataille ni de ruines qui s’en suivent.
Ni de course et des prix qui dévissent.
Mais un champ de culture intensive.
Un champs Élysée ou de mars fatal ?
Arrêtons sinon cela va virer au champ de tir
Ou en champs de foire hivernale !
Voilà le chant du cygne qui expire.

Sans être trop volatile
Ou faire preuve d’oisiveté.
Simplement regarder.
Ne pas rester dans le vague.
Pour être un peu utile
À l’autre, à vous, à elles
Qui me donnent des ailes.
Avoir les yeux sur cette vague.
Jeter des mots faciles,
Tenter quelques envolées,
Et profiter de l’instant passé.

Buvant son verre l’air absent.
Je suis le chauffeur du camion qui passe
Fonçant droit devant.
Je suis celui qui regarde cette scène
Tranquillement placé en face.
Je suis lu à cette instant sans peine
Par vous, grand bien m’en fasse !

Aujourd’hui nous avons dit au revoir à un ami.
Merci pour ta grande bienveillance et ton éternel sourire.
Ta joie de vivre et ta soif de nous découvrir
Nous faisaient oublier les tracas de la vie.
Tu nous montrais ton paysage, ton Vercors.
Les yeux vers le ciel et ses avions,
Toujours un mot pour l’autre, une attention.
Tu aimais la vie et ses trésors.
Aujourd’hui, nous avons dit au revoir à un ami.
Nous sommes tristes de te voir partir
Mais tellement heureux du plaisir
De t’avoir compté dans nos vies.
Merci Maurice

Pour ne pas prendre un éclat.
Saisir l’instant dès la première fois
Presque à l’aveuglette.
Sentir que le résultat peut être réussi
Sans en être sûr à l’avance.
C’est souvent ainsi, je pense,
Qu’il faut s’y prendre dans la vie.

Et du lèche vitrine.
On peut monter l’escalier en colimaçon
Et traverser le plafond.
On peut avoir un sourire de façade
Et avoir fait une mauvaise cascade.
On peut voir l’arrière boutique
Et y trouver des choses fantastiques.
On peut rester seul à l’extérieur
Et regarder du seuil cet intérieur.
On peut voir, oui, tant et tant de choses
Et pour cela, ouvrir nos paupières closes.

Bordée de nuages éparses et suspendus,
Il faut une rambarde d’escalier
Pour réduire le charme d’une telle vue.
Ici, le regard porte au lointain,
Au delà du cordon de dunes,
Vers cet horizon de liberté, pas moins,
Qu’est cette mer du nord et d’infortune.
Au plus près, une silhouette élégante
Pose dos à ce spectacle naturel.
Reste cette rambarde fatigante,
Imposante, lourde et artificielle.

Il imite et singe les autres avec innocence.
Parfois l’homme aide son prochain.
Il indique la direction demandée avec entrain.
Parfois l’homme prend un cliché sur le vif.
Il l’accompagne de mots peu incisifs.

Regarder ses pieds.
Un lendemain de fête ?
Ou c’est ainsi toute l’année ?
Un simple miroir abandonné
Vous rappellera que le ciel se dégage
Et qu’au milieu des embûches semées
L’éclaircie finira par percer les nuages.

La tête dans le sien.
L’adolescent s’isole.
Pauvre jeunesse disent les anciens.
Passe encore si c’était un livre !
Mais non, c’est un téléphone.
Redresse-toi, regardes et respire.
La réalité se vit, le virtuel sera morne.

Je prends une photo utilitaire.
C’est vide de sens, rien pour plaire.
Me guette une paresse certaine.
Je me dis que c’est une photo fumeuse
Qui ne mérite pas moins que l’oubli.
Un utilitaire, des volutes de gris,
Voilà une scène bien ennuyeuse.
Alors je m’assois, prend un moment,
Écris d’un trait ce qui me vient
En regardant cette photo d’un citoyen.
Je ne serai donc pas mis au ban.

Lire l’illisible,
Comprendre l’incompréhensible,
Percevoir l’imperceptible,
Ça la fiche mal, c’est visible.

Qui déversent des humains
Qui s’agitent dès le matin
Puis le soir puis le lendemain.
Cette ville ingurgite des trains
Bondés de gens bons ou malins
Qui peinent à discuter avec le voisin
Si proche et pourtant si loin.

Il réchauffe l’atmosphère et les cœurs,
Il aveugle, il éblouit, il surveille
Puis s’estompe et se meurt.
Un rayon de soleil du Finistère,
C’est parfois rare mais tant attendu,
Il illumine l’Iroise et sa mer
Et disparaît aussi vite qu’il est venu.

Je me suis projeté un instant.
Celui de la réflexion ou de l’année.
Suis-je l’ombre de moi même à 50 ans?
J’aurai pu être cette silhouette murale
Qui sera un jour vestige de notre passage
Objet d’étude de fresque picturale
Concluant à notre existence, nos dérapages.
Et cette ombre peinte par terre ?
Qui se fait marcher dessus
Par quiconque regarde en l’air
Et sans vergogne par le premier venu.
Non, je suis bien debout
A observer, témoigner, raconter
Ce que je vois de ce monde de fous :
De l’art mais des ombres projetées.

Réfléchir, Prédire, Sentir, Lire.
Voir, Savoir, Concevoir, S’émouvoir.
Respirer, Espérer, Rêver, Oser.
Prier, Penser, Méditer, Imaginer.
Survivre, Revivre, Suivre, Vivre.
Aimer, Adorer, Vénérer, S’envoler,
Séduire, Revenir, Atterrir, Rire.

Histoire d’arrondir les angles.
Perdons de notre splendeur
Avant que la morgue nous étrangle.
Il faut savoir laisser glisser
Pour éviter de se casser la gueule.
Puis remonter la pente, sans se presser
Et profiter du froid qui meule.

Et les bars de ligne qui abandonnent.
Il y a les bars parallèles qui rendent nébuleux
Et les barbituriques qui rendent nauséeux.
Il y a le bar tabac de la clope au bec
Et le barman jamais à sec.
Il y a le barbecue ou la plancha
Et le barreau de chaise ou d’avocats.
Il y a le joli barbichu Et le barbu tout poilu.
Il y a le barge qui cherche les ennuis
Et le baron tout juste anobli.
Il y a le baril de pétrole et sa valeur
Et le barouf à pas d’heure.
Il y a le barillet qui fait clic
Et le barnum qui fait son cirque.
Il y a le baromètre qui monte en pression
Et le barragiste qui joue les prolongations.
Il y a le baroud d’honneur
Et le baratin en saint horreur.
Il y a le barracuda d’Alexandrie
Et le baryton de Verdi.
Il y a le barème qui compte les points
Et le bart simpson qui se plaint.
Il y a le babar, le jobard, le Jean Bart
Et il est temps que je me barre !

Ou plutôt quatre en cet instant.
Je tiens à être carré.
Point d’âme sans reflet.
J’aurai pu tirer le rideau
Et n’écrire aucun mot.
Mais une fenêtre cache une histoire
Alors quatre, il y a matière à voir !

Des embrouilles aux embruns,
Du vague à l’âme au mal de mer,
Il roule, tangue et regarde au lointain.
Seul sur le pont, il ne tient pas assis.
Il pense aux siens, malheureux.
Il se souvient des moments de dépit,
Du temps qui passe sans eux.
L’horizon finira par se dégager.
Il aspire à une nouvelle vie.
Un avenir des plus ensoleillés
Pour embrasser un peu de répit.
Et si ce n’était rien de tout cela ?
S’il était simplement là pour rêver,
Pour respirer, profiter d’être ici bas?
Et si c’était une autre histoire à inventer ?

Une chute d’eau ou de rein ?
À moins que ce ne soit une chute du Rhin!
Chut ! me disent-ils.
Cette chute vaut-elle ? Un empire?
Romain fusse-t-il !
Un ange passe, déchu, ainsi soit-il.
Voici la chute de l’histoire pour rire.

Rien ne semble les opposer.
Ils évitent de se regarder
Par la force des choses.
C’est le banal d’un embarquement.
On voyage serré dans une boîte
On ignore tout des autres. Soit.
Un instant suspendu sans jugement.
Chacun est dans son monde
Avant d’en survoler une partie.
Chacun dans sa bulle, étourdi.
Dos à dos avant que le calme ne retombe.

Bordés d’inconnues et de mystères,
Enveloppés dans ce fatras de fougères,
Ils s’entremêlent et se déchaînent.
Avançons avec prudence !
Les loups sortiront du bois,
La peur est aux abois.
Marchons avec résistance.
N’aie pas peur petit chaperon rouge !
Souviens-toi que le loup souffrira.
Tôt ou tard il disparaitra.
Alors, n’hésite pas et bouge !

Un avenir obscur s’évanouit.
Bien pire que le noir de la pénombre
Qui effraie les enfants dans leur lit.
Les anciens ont eu peur,
Les jeunes étaient malheureux,
Beaucoup avait mal au cœur,
Tous attendent donc mieux.
Maintenant à eux de comprendre.
À celles et ceux qui sont en place
Il est plus que temps d’apprendre
Avant que le peuple ne se lasse.

Serait-ce alors une vielle hampe?
Ou un réverbère sans réflexion ?
Oui un simple lampadaire sans lampe.
Voyez vous cette simple douille,
Qui semble s’enfuir du fut.
Au bout du fil elle pendouille,
C’est dire si, comme moi, elle s’est perdue.

Sur ce passage protégé
Du passager à pas comptés.
Pas un pas de travers ou de côté.
Il a en travers de la gorge serrée,
Les passants pas sages excédés,
Les conducteurs pressés.
Ici, nul passage caché.
Il veut lentement traverser
Ce passage à gué.

Là où la faune n’existe pas,
Là où la flore ne pousse pas,
Aucune vie ni respiration.
En ces fortes chaleurs,
Ne remercions pas les urbanistes
D’avoir oublié les botanistes
Pour avoir conçu des bains de sueur.

Une boîte métallique, de fibres et d’os,
Un moyen d’aller de A à B,
Un tube des vacances ou de sacerdoce.
Un métro bondé aux heures d’affluence,
Un transport vide en pleine nuit,
Un lieu de rencontres et d’influences,
Un mélange de multiples vies.

Survolté par mes vents,
Tourmenté par mes tempêtes,
Commenté pour mes dépressions.
Sillonné par mes courants,
Habité par ma faune,
Traversé par des tonnes,
Entouré par des tourments.
Je suis océanique,
Je ne suis pas pacifiste,
Je ne suis pas attentiste,
Vu du ciel, je suis atlantique.

Une certaine fatigue apparaît.
Aucune lassitude ni ennui
Mais ainsi va la vie
Qu’il faut parfois se reposer.
Antépénultième quotidienne
Qui vous est proposé depuis une année.
Je réfléchis déjà à l’après
Pour décrire ce monde de folie certaine.

Déjà douze notices à lire,
Quarante qui suis-je à trouver,
Trente-deux pensées sur la photo exprimées,
Vingt-trois notes de l’auteur pour apprendre,
Quarante et une charade à comprendre
Vingt-quatre devinettes imaginées,
Cinquante-trois QCM posés,
Quarante-six définitions du petit Olivier illustré à cet instant,
Dix-huit extraits du journal de bord d’un naufragé de l’espace
Et avec celle-ci, soixante-dix-sept poésies,
Rarement fines mais ce n’est que mon avis.
Une année à prendre des clichés,
A réfléchir comment les accompagnés.
Et finalement, pourquoi tout cela ?
Simplement par jeu, pour elle, pour toi.
Il est temps de prendre un temps de respiration,
Aussi court qu’un souffle, une inspiration,
Et repartir de plus belle avec de nouvelles idées
Pour te montrer ce que notre monde a à cacher.
